De Bogota à Carthagène

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Laguna Guatavita - 3000 m - Cundinamarca - Le 27/01/18


Après quelques courses, nous prenons au plus court pour rejoindre la route qui nous mènera vers la Laguna. 11 km, 1 h… Trous, déformations, travaux, la totale. Nous sommes sur le site en fin de matinée après une route qui se termine en chemin.


"Cette lagune est sacrée pour les Muisca. Ceux-ci font partie des Cuibcha (groupe de famille linguistique qui domina la région de l’Amérique centrale à l’Equateur et de la Cordillère des Andes à l’Océan Pacifique). Les Muisca occupèrent des régions de Bogota et du Boyaca. Leur économie était basée sur l’exploitation des mines d’or et d’émeraudes, l’agriculture et le commerce (textile). Cette richesse fut à l’origine de la légende de L’Eldorado.
Selon une légende muisca, la Laguna de Guatavita (un lac résultant probablement de l’activité volcanique, qui occupait jadis un cratère parfaitement rond, entouré de montagnes verdoyantes) fut créée par la chute d’une météorite transportant un dieu en or, qui s’installa au fond du lac. Ce sont les origines de la légende de l’Eldorado.
Au début du 16 siècle, lorsque les explorateurs espagnols ont posé le pied en Amérique du Sud, le récit d'une tribu indigène située dans les hauteurs des Andes, dans l'actuelle Colombie, leur a été conté. Lors de l'arrivée au pouvoir d'un nouveau chef de tribu, une cérémonie au lac Guatavita inaugure son règne. Si les récits de cette cérémonie diffèrents, tous décrivent le nouveau dirigeant recouvert de poudre d'or et indiquent que de l'or et des bijoux précieux étaient jetés dans le lac en vue d'apaiser un dieu se trouvant dans les profondeurs. Les Espagnols ont alors baptisé ce chef doré El dorado, « le doré ». La cérémonie de l'homme doré n'aurait plus été suivie à compter de la fin du 15 siècle, lors de la conquête d'El dorado et de ses sujets par une autre tribu. Cependant, les
Espagnols et d'autres Européens avaient découvert de telles quantités d’or chez les indigènes situés le long de la côte nord du continent qu'ils étaient convaincus que l'intérieur des terres abritait un lieu fastueux.
Dans le passé, beaucoup d’espoirs de découvrir l’Eldorado se concentrèrent sur ce petit lac circulaire, à environ 50 km au nord-est de Bogotá. Le joli Guatavita était le lac sacré et le centre de rituel du peuple muisca. Il y a 500 ans, le Zipa (cacique muisca, un chef tribal), couvert de poussière d’or et installé sur son radeau cérémoniel, avait pour coutume de jeter dans ce lac des offrandes précieuses, notamment des tunjos (pendentifs et figurines en or) sophistiqués, sur lesquels étaient inscrits des voeux. Il plongeait ensuite dans l’eau pour absorber la puissance des dieux. Cette coutume provoqua une ruée vers l’or des Espagnols, et de bien d’autres étrangers, qui pensaient avoir atteint un Eldorado aquatique. 
Les Espagnols ne sont pas parvenus à mettre la main sur El dorado, mais ont découvert le lac Guatavita, qu'ils ont tenté de vider, en 1545. Une fois le niveau de l’eau suffisamment bas, ils ont découvert des centaines de pièces d'or le long des rives, mais n'ont jamais atteint le précieux trésor se trouvant supposément dans les profondeurs. Au fil des années, beaucoup d’efforts furent vainement déployés pour repêcher des trésors. Dans les années 1560, un riche commerçant, Antonio de Sepúlveda, creusa une ouverture sur
le côté – encore visible aujourd’hui – pour vider le lac, récupérant un maigre butin de 232 pesos d’or. Sepúlveda mourut ruiné. À la fin du XIXe siècle, une compagnie anglaise parvint à assécher le lac mais découvrit seulement une vingtaine d’objets – pas de quoi
rentabiliser les 40 000 £ et les huit années investies dans le projet.
Dans les années 1940, des plongeurs américains équipés de détecteurs de métaux entreprirent une nouvelle chasse au trésor. Les autorités colombiennes finirent par interdire ce genre de pratique en 1965, ce qui n’empêcha pas certains de s’entêter. Dans
les années 1990, un permis était requis pour accéder au lac, ce qui permettait de garder une trace des visiteurs (certains venant illégalement avec du matériel de plongée).
En dépit de sa réputation, la Laguna Guatavita n’a jamais livré beaucoup d’or. L’objet le plus réputé de Colombie – le Balsa Muisca (conservé au Museo del Oro) – fut découvert dans une grotte près du village de Pasca."

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Nous y arrivons en fin de matinée. Les visites se font par groupe et guidées. Nous parcourons le chemin au gré des légendes, des récits de la vie, des croyances des Muisca. Le pouvoir spirituel venait des femmes, les caciques ne transmettait pas le pouvoir terrestre à leurs fils, mais à leurs neveux de la branche maternelle. Le lac était considéré comme le réceptacle de la puissance de la mère nourricière (la terre), et sa "bénédiction" lors de l’immersion dans les eaux du lac, aucun cacique n’aurait pu exercer son pouvoir. Nous avons donc fait une partie du tour du lac dans un superbe paysage.

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Par précaution nous demandons la permission de dormir sur place. Elle nous est accordé car le stationnement est sur un lieu public. Cool.



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Samanca - 2618 m - Boyaca - Le 28/01/18

C’est dimanche et nous avons beaucoup de vélocyclistes sur la route. C’est la première fois dans un pays d’amSud que nous voyons un tel engouement pour cette activité sportive. Jusqu’alors, les vélos ne servaient que pour l’utilitaire. Nous stoppons pour notre pause de midi sur le site du Puente de Boyaca, site d’une bataille qui fut déterminante pour l’indépendance de la Colombie, Vénézuela, l’Equateur et la Bolivie. Nous bifurquons en direction de Villa Leyva et dormons à Samaca. Notre arrivée n’est pas passé inaperçue !

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Villa Leyva - 2150 m - Boyaca - Du 29/01 au 01/02/2018

Après quelques km et un péage, nous installons Ch’uru sur une petite place tranquille à proximité du centre du village colonial. Visite. Nous aimons.

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Nous parcourons les rues de cette ville fondée en 1572. C’est un très bel exemple du pittoresque colonial espagnol. La plaza Mayor est démesurée (120 m x 120 m) pour un village qui fut à l’origine une retraite pour les militaires, le clergé et la noblesse.

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Nous apprécions l’ambiance sympathique de ce village et des habitants. Bien qu’il soit touristique, cela n’a pas altéré le comportement des habitants contrairement à San Pedro de Atacama… En nous promenant, nous retrouvons par hasard et avec plaisir Stefen et sa compagne que nous avions rencontré à Salta.

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Nous prenons un grand moment de rire en allant visiter le Musée de la préhistoire. Cette région était sous la mer au Crétacé, et l’on y a découvert de nombreux fossiles d’animaux préhistoriques. Heureusement que d’autres sites plus sérieux nous présentent les fossiles.

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On ne se lasse pas de parcourir le village.

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Le lendemain, nous faisons un tour pour voir les sites à proximité de la ville. Première halte aux Pozos Azules, petits lacs photogéniques aux couleurs limpides dues aux à la présence de soufre et de sulfate de cuivre, un peu cher mais sympathique.

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Puis c’est au tour des fossiles. La région est connue pour ses nombreux fossiles du crétacé et du mésozoïque, ères géologiques durant lesquelles la région était sous l’eau. Le musée paléontologique est super et nous avons droit à une visite commentée. Premières tortues, dragons des mers, et gros animaux marins… Cool.

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Une partie sur la préhistoire et une explication sur la manière de nettoyer et préserver les fossiles.

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Ensuite, c’est au tour de El Fosil. Petit musée ou l’on voit le squelette d’un kronosaure (ou ichtyosaure), sorte de reptile requin de 15 m de long (il manque une partie de la queue).

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Nous finirons par le site muisca El Infiernito, sorte d’horloge qui permettait de déterminer les saisons de l’année. En mesurant les ombres, ils établissaient un calendrier des récoltes pour l’année. A proximité, on découvre aussi des pierres levées d’aspect phallique. Le site aurait été un lieu cérémoniel.

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Ensuite, c’est journée "couvents". Ce sont les seuls couvents de Colombie qui se situent en zone rural. Le couvent Santo Ecce Homo fondé en 1620 par les dominicains est superbe, autel en or, sol en fossiles. Dommage que le site sera dénaturé par la construction d’un hôtel…

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Nous faisons halte pour le repas dans le village de Sutamarchan réputé pour ses excellentes saucisses. Francis n’aime pas trop, il trouve qu’il y a trop de gros morceaux de gras ! Ensuite, c’est direction le couvent de la candelaria fondé en 1597 par le médecin de Philippe II. On parle de désert, mais c’est un "désert" spirituel dont il est question. Très sympa. L’église était en rénovation, dommage…

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Nous avons failli rester coincée dans les petites rues du village de Raquira (capital de la poterie colombienne) au retour.

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Avant de repartir nous faisons une journée "repos", ce qui implique du ménage et de la cuisine ! Pendant ce temps, Francis parti chercher du pain français dans la petite boulangerie "Astral" fait connaissance de Roberto. Ils passeront un loooong moment à papoter. Après midi internet en mangeant de délicieux brownies.

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Mongui et Tópaca - 2919 m - Boyaca - Le 02/02/18

Bonne route pour aller à Tunja. Impossible de se garer dans cette ville. Du coup, pas vu les fresques et pas retirer d’argent ! Nous arrivons au petit village colonial de Mongui, tout en pente. Le ciel est gris, pas top. Ce village est aussi la capital du ballon de foot. Nous pensions dormir au paramo, mais des travaux encombraient les rues du village. Pas facile de s’y glisser. Eglise et couvent fermés…

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Du coup, on tente le village colonial du XVII de Tópaca. L’économie du secteur est essentiellement centré sur l’exploitation de mine de charbon. Il existe d’ailleurs un artisanat très sympa de morceaux de charbon sculptés. Belle église jésuite de style baroque. Détail insolite, une tête de diable sculptée est visible sur un linteau intérieur de l’église. Nous dormirons sur la place du village. Un peu de bruit dû aux camions.

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Musée de Sogamoso et Playa Blanca - 3018 m - Boyaca - Le 03/02/18

Cette région assez peu touristique comprend moult villages coloniaux, une nature préservée (on peu y voir des condors) avec des tecks à effectuer.
Nous cherchons le musée de Sogamoso, difficile de le trouver car il n’y a aucune indication dans la ville. Heureusement que la carte de OmsAnd+ le mentionnait, car cela aurait été dommage de le rater. Superbe musée ethnographique sur les Chibcha. Le temple du soleil détruit par les conquistadors est reconstruit à la manière Chibcha. Il est interdit d’y faire des photos, grrrr, pour des droits d’auteur parait-il. N’importe, il vaut le détour. Nous y passons la matinée.

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Nous partons pour le week end à Playa Blanca, la seule plage de sable blanc existante à 3000 m au bord de la laguna de Tota, une des plus grandes étendues d’eau de Colombie. Mauvaise pioche… Il y a un monde fou, la surface dédiée au camping à réduit à peau de chagrin. Nous sommes parqués avec vue sur la lagune. Après avoir fait un tour malgré le temps incertain, nous pensons bénéficier d’un repos bien mérité. Que nenni, nous aurons droit à de la mauvaise musique à fond jusqu’au matin. J’ai bien essayé de faire baisser le volume, mais un des jeunes "cons" m’a expliqué que l’on ne venait pas au camping pour dormir ! Pour cela, il faut aller à l’hôtel ! Nous décidons d’écouter notre séjour. A la sortie, "voilà t’y pas" que l’on nous réclame le prix de la nuit ! Oups ! J’ai bien entendu refuser prétextant que la musique de la "boite de nuit" n’était pas à mon goût. Non mais !

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