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Du 12 au 15/04/2018 - Salinas - Bolivar - 3 550 m

Beau temps ensoleillé au matin, vite, vite on va faire des photos !

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On se tâte. On retourne faire le parc ou on file vers Salinas pour profiter du beau temps et voir le Chimborazo ? C’est la deuxième solution que nous préconisons malgré le nombre de km.

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Nous arrivons enfin devant le Chimborazo. Qu’elle splendeur ! On se régale les yeux durant tout le temps du contournement de ce beau volcan, les vigognes sont vraiment nombreuses ici, c’est magique. Nous passons à un col à 4 224 m.

"Le Chimborazo culmine à 6 263 m d’altitude. C’est le sommet le plus haut des Andes équatoriennes, qui domine une région de 50 000 km2, sa base faisant 20 km de diamètre.
Le Chimborazo peut être défini comme le plus haut sommet du monde, en le considérant comme le sommet le plus éloigné du centre de la Terre, Le sommet de celui-ci se trouve à 6 384,416 kilomètres du centre de la Terre (l'Everest en est distant de 6 382,605 kilomètres).
Il est surnommé Taita Chimborazo, c’est-à-dire Papa Chimborazo, la mère étant Mama Tungurahua. Il figure sur les armoiries de l’Équateur."

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Nous arrivons à Salinas par une belle petite route de montagne.

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Salinas à une histoire édifiante et exemplaire.

"En 1970 Salinas était un village oublié et marginalisé avec une mortalité infantile de 45% et un analphabétisme de 85%, sans route d’accès, sans eau courante, lumière ni téléphone. Les habitants vivaient dans des huttes de terre et de paille, les chozas.
La seule source d'emploi était le difficile travail dans les mines de sel ainsi que la production de matières premières agricoles comme les légumes et le lait mais qui étaient achetés à vil prix.
Les membres d'une puissante famille d'origine colombienne, les Cordobez, s'étaient appropriés les mines de sel ainsi que d'immenses étendues de terres dans toute la zone. Pour pouvoir utiliser et travailler ces terres, les populations indigènes et autochtones vivaient soumis à cette famille, contraints de payer un tribut qui pouvait atteindre la moitié de la production.
En 1970, le premier sacerdoce du Diocèse décide d'appeler un groupe de volontaires italiens afin de commencer un travail de soutien social à la zone nord de la province de Guaranda à cause de la grave situation de pauvreté qui y sévit. Les critères socio-organisationnels qui s'appliquèrent avec succès à Salinas sont le fruit de son histoire.
C'est ainsi que naquit la première coopérative de Salinas en 1971. Le missionnaire salésien Antonio Polo aidé par un technicien suisse nommé José Dubach (dont le portrait est visible dans toute la ville) poussa alors les “campesinos” à acheter des équipements et à se former pour transformer le lait et monter des fromageries (queserias). La famille Cordobez, bien entendu, s'y opposa vivement et voulut détruire la coopérative. Néanmoins, face à la fermeté des membres de la coopérative et des assesseurs de l'opération, les Cordobes durent se rendre à l’évidence.
Le travail ancestral du sel ainsi que les productions de lait se libérait enfin de l'esclavage. La coopérative avait remporté sa première victoire mais il restait des ennemis, plus forts à combattre: la misère et la pauvreté."

"Aujourd’hui la population a réussi a établir un processus socio organisé de plus de 90 structures. La communauté a créé ainsi plusieurs fondations, micro-entreprises, associations et coopératives qui ont des buts précis par rapport à la dite communauté. Ces structures possèdent un “director” propre, des objectifs et des salariés, les bénéfices étant réinvestis dans la structure et les décisions d'orientation stratégique étant prises par tous les habitants de la “communidad” lors d'assemblées générales.
La communauté gère ainsi une multitude de services et produits de haute qualité: filature, fromage, boucherie/charcuterie, champignons et herbes séchées, fruits séchés, confection d’’huiles essentielles, confitures, chocolat, céramiques, menuiserie, soja, turron, pisciculture, gestion de la boulangerie locale, d'une hôtellerie/restauration, de guides touristiques, d'un musée, d'un atelier de mécanique....
La communauté a aussi agrandi son périmètre pour associer les villages alentour aux bénéfices de ses activités (33 au total)."


Pour ne rien rater, nous profitons de la visite guidée de l’office du tourisme. C’est avec beaucoup de respect pour le travail coopératif des habitants que nous découvrons les multiples entreprises de ce village. Nous commençons par la filature qui produit laine de mouton et d’alpaga. Elle achète de la laine d’autres régions aussi et travaille presque exclusivement avec l’étranger et Otavalo. Ils font de gros efforts actuellement pour ne pas polluer avec les produits qui blanchissent la laine. Seule une petite partie de leur production se fait avec des colorants naturels car la majorité de leurs clients n’en veulent pas.

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Nous visitons l’annexe où l’on peut acheter des pelotes de laines, puis passons un moment dans la boutique communautaire de tricot. Elle fut créé pour apporter un revenu aux femmes. Dans d’autres villages les femmes vont aux champs, mais ici avec l’altitude il n’y a pas d’agriculture. D’ailleurs il vaut mieux venir avec des fruits et légumes car seul le marché du mardi permet d’en acheter.

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Nous visiterons l’entreprise qui permet de sécher champignons, herbes pour tisanes et fruits ainsi que la fabrique de ballon.

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Nous finirons par la chocolaterie et la boutique d’huile essentielle, en passant par la boucherie communautaire. Pas difficile de penser que nous étions assez lourdement chargé… Notre bivouac est à coté de la fromagerie communautaire… Nous allons y faire un tour…

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Dès le matin les locaux viennent mener le lait, qui avec son âne, cheval, lama ou tout simplement sur le dos.

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Nous allons nous percher au point de vue, ça ne paraissait pas s’y haut ! A cette altitude, on galère !

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Après-midi aux anciennes salines.

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Village

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Pour notre dernier jour, nous allons de l’autre côté du village.

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Nous repartons super content d’avoir passé quelques jours en compagnie des attachants habitants du village. Sans compter les saucisses, le fromages et l’artisanat…

Du 16 au 22/04/2018 - Alausi - Chimborazo - 2 350 m

Nous quittons Salinas sous la grisaille et la pluie. Nous ne passerons pas par le Chimborazo pour ne rien voir. C’est donc en direction d’Alausi et de son marché que nous roulons. Nous passerons à 4150 m. Arrêt provision et bivouac près de la Laguna Colta.

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Belle route jusqu’à Alausi. Nous allons rester sur place jusqu’au marché du dimanche qui est parait il très pittoresque. Nous trouvons refuge à l’hospedaje Killa Wassi. Le chemin qui y mène est aussi pittoresque ! Nous sommes dans un petit vallon. Nous sommes un peu fatigué par l’altitude et un peu de repos est bienvenue.

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Une routine s’installe, courses à pied et visite des différents quartiers de la petite ville les matins, alors que les après-midi, souvent brumeux, nous trouvent sur internet, lecture et préparation de bons petits plats. Notre hôtesse nous fournit en oeufs frais et produits du jardin.

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Le 23/04/2018 - Vers Gualaceo - Cañar - 2 235 m

Départ sous la brume et ça ne va pas en s’arrangeant. Il parait que la route est belle ! Nous aurons du bon gros brouillard qui ne nous rassure pas connaissant les habitudes locales de doubler dans les virages. Nous croiserons d’ailleurs l'accident d'un camion et son chargement reversé ainsi que les secours à peine visible dans cette purée. Passage à 4247 m. Nous souhaitions visiter le site d’Ingapirca, mais la route complètement effondrée ne nous permet pas le passage. Du coup nous continuons sur le village de Gualaceo. Bivouac sympa en bord de rivière.

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Le 24/04/2018 - Chordeleg & Sissig - Cañar - 2 400 m

Nous arrivons dans le village de Chodeleg de bonne heure. Petite visite des lieux. Nous sommes ici pour observer le travail du filigrane. C’est la seule ethnie de l’Equateur qui depuis l’époque pré-inca fabrique des bijoux. Les Incas faisaient faire beaucoup de leur bijoux cérémoniels ici.

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Nos amis Patrice et Véro avaient découvert la boutique et l’atelier du fondateur de l’orfèvrerie Puerta del Sol. Nous y allons et prenons rendez vous pour observer ce minutieux travail dans l’après midi. Je ne résiste pas à de jolis colibris…

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Nous décidons de partir pour le village de Sigsig qui abrite une fabrique de chapeaux communautaire que nous visitons. Ce sont les femmes des environs qui font chapeaux et autres objets en paille. Ceux-ci sont mis en forme et vendus par la coopératives. D’ailleurs, il y avait peu de choix car tout le stock était vendu et il fallait attendre le tailleur de chapeau pour refaire un stock.

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Nous grignotons sur place et décidons de faire un aller/retour. Le bord de rivière bien aménagé nous tend les bras pour un bivouac prometteur.
Nous sommes attendus chez notre orfèvre qui nous fait une très belle démonstration. J’essaierai de calibrer un fil d’argent avec beaucoup de mal. Nous resterons 1h30 à discuter de la création de cette orfèvrerie qui comprend à l’heure actuelle 3 générations, bien que maintenant le grand père en fasse moins. Je manipule le petit outil inventé par celui-ci pour créneler le fil d’argent.
Le beau dragon à demandé 800 h de travail ! Nous sommes très touchés de la gentillesse des Equatoriens et de leur disponibilité.

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Nous repartons pour notre bivouac et demain prendrons une petite route qui coupe par le campagne pour rejoindre Cuenca.

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