Chili 2017

Du 14 au 26 septembre 2017

trajet effectué

Paso de jama - frontière argentine-chili - le 14/09/2017

Après le col à 4400 m, nous pensions que la route serait plus ou moins plate, voir en descente. Que nenni, Plateaux entre 4200 et 4600 m, deux cols à 4800 m. Des paysages à couper le souffle (à cette altitude, c'est facile !).

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Tout le long de la route, nous régalons nos yeux. Et vu que Ch'uru veut aussi profiter du paysage, il n'avance pas très vite et fume beaucoup.

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Nous qui pensions faire un superbe bivouac, au vu de la glace et de l'altitude, nous renonçons. Petits joueurs !

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Nous arrivons sur le désert d'Atacama, considéré comme le plus aride du monde. Il est difficile d'imaginer que certains endroits n'ont jamais reçu de pluie et que d'autres attendent des centaines d'années entre deux averses. Les limites de ce désert sont un peu floues, du Pérou à Copiaco (27°parallèle).

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San Pedro de Atacama - Antofogasta - Du 15 au 17/09/2017

San Pedro de Atacama est en limite de ce désert. Nous ferons pas beaucoup de visites car nous repasserons dans ce secteurs à notre retour de Colombie.
La ville en elle-même, malgré son petit centre typique ne nous emballe pas. A peine arrivé, Francis veut faire une photo d'un type qui mène son troupeau, cet imbécile refuse sauf si Francis paie... Ça commence mal ! Tout est autour du tourisme, tour opérateurs à gogo, boutique de souvenirs...
Nous apprécions la belle église en adobe dont on ignore la date de construction. Elle fut en activité avant 1641. Sa charpente est faite de bois de « Chañar » et « Algarrobo », des courroies de cuir de lama servent de clous pour tenir l'ensemble. La voute est en bois de cactus.

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Nous dormons sur le parking à 200 m du centre, c'est gratuit. Nous sommes à la veille de la fête nationale du Chili, nous devrons trouver un bivouac plus calme. Ayant enfin réussi à retirer de l'argent dans une agence BCI, nous parcourons les petites rues.

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Puis, nous allons voir la Pukara de Quitor en compagnie de Martine et Daniel. Le soleil étant du mauvais côté pour les photos, nous profitons du parking qui va devenir notre bivouac durant quelques jours. San Pedro fut le plus important centre de la culture pré-inca « atacameña ». La pukara fut un fort défensif s'appuyant sur une colline rocheuse comme « mur ». Du sommet, nous voyons l'Ayllu, secteur agricole, irrigué par l'eau canalisée du Rio Grande. (Il y a 15 Ayllus, objet d'une distribution ancestrale toujours de rigueur)

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Puis, nous allons à la « Valle de Marte » y passer le deuxième jour. Nous espérions y dormir. Nada. On se fait gentiment virer. Nous sommes au pied d'une immense dune, nous attendons qu'il fasse moins chaud pour admirer les alentours du haut d'un promontoire. Beau spectacle du à l'érosion.

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Nous voici partis pour la Laguna Cejar. Pour une fois, je suis catégorique. NE PAS Y ALLER ! Je m'explique : le prix pour voir éventuellement des flamands et s'y baigner est de 20 euros par personne et impossible d'y passer la nuit. Je demande pourquoi ce prix si élevé en précisant qu'en 2013 il était de 2,50 euros par personnes (en moyenne). La gentille gardienne me précise que depuis que c'est plébicité par les tours opérateurs, ils ont élevé le prix. ARNAQUE.
Elle me dit d'aller voir la laguna Tedenquiche qui est géré par des natifs. On y va !
Nous passons par les Ojos de Agua, gros trous circulaires d'eau douce au milieu du salar. (Tiens, ils ne sont pas mentionnés sur le guide remis par l'office du tourisme... Ils sont gratuits).

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Ensuite, c'est la laguna Tebenquiche, site protégé. En effet, elle abrite des organismes préhistoriques qui permirent à notre terre de créer une atmosphère avec oxygène et la couche d'ozone qui la protège des rayons UV. L'environnement extrême, de basse pression, de haut taux d'UV, de volcans actifs et d'ambiance désertique recrée en partie les conditions originelles de la terre primitive. Ces caractéristiques permettent l'étude de l'astrobiologie.
Ces microorganismes sont les fossiles les plus anciens de la terre, on en rencontre que dans peu d'endroits (Australie, Mexique). Ils sont uniques et conservent les informations pour comprendre les processus de la transformation de la terre. Ils donnent cette couleur rouge à la lagune.

Site archéologique de Chug-chug - antofogasta - le 18/09/2017

Notre route nous conduit à proximité du site de Chug-Chug qui préservent des géoglyphes. La régions comprend 23 sites. Le plus anciens des géoglyphes remonte à 1000 an Av. J.C., alors que la plupart sont âgées de 900 à 1550 après J.C.. On suppose qu'ils ont été fait par les tribus Atacamas. On distingues des figures humaines, des dessins zoomorphes et des figures géométriques.

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On pense que ces derniers ont probablement été utilisés comme signes par les éleveurs de lama et les commerçants pour guider les caravanes. Ce site prouve l’existence d'une communication entre les zones lagunaires et la côte Pacifique. On y voit des hommes sur des radeaux et des harpons.

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Mais qu'est ce qu'un géoglyphe ? C'est un dessin ou motif représenté à même le sol.
Il existe 3 techniques pour les faire :
Négative, c'est le fait d'enlever les pierres et de dégager le sol.
Positive ou additive, c'est le fait d'entasser les pierres pour augmenter le contraste avec le sol.
La troisième, c'est le mélange des deux premières qui permet de faire des sujets plus élaborés.

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Nous voyons aussi les traces laissées par les roues des charettes sur l'ancienne voie de communication. Celle-ci fut aussi utilisé au temps du salpêtre, des déchets de verre coloré et de boites de sardines marquent les sites de repos. Notre guide nous conduit sur un petit monticule où était célébré le culte de la Pachamama (la mère terre). On y trouve de tout petits bouts de cuivre. Ils étaient offert à même le sol ainsi que les graines pour demander à la Pachamama de bonnes récoltes pour l'année. Ce culte y est toujours pratiqué.

Nous avons eu l'autorisation de dormir sur place. Sympa. Le site est actuellement protégé 24h/24 par deux gardiens qui dorment sur place. Cela permet actuellement de contrer la disparition des figures par les amateurs de 4x4. On peut observer les dégâts déjà occasionnés. L'érosion naturelle est un moindre mal par rapport à ces irresponsables.

Quillagua - antofogasta - le 19/09/2017

Nous allons en direction de Quillagua. En cours de route nous admirons les géoglyphes de Encañada. C'est un jeu que d'essayer de les découvrir sur les collines ou montagnes.

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Puis nous voyons les pétroglyphes de Calatoco.

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Nous arrivons au village de Quillagua. Nous allons sur la place de ce village écrasé par le soleil. Nous sommes dans village le plus sec au monde. Il n'a pas plu depuis 24 ans. Quillagua est considéré comme le village le plus sec du monde par la Nasa.

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Il est difficile d'imaginer que ce village poussiéreux était une oasis prospère. Jusque dans les années 1990, l’agriculture y était florissante et de nombreux vacanciers venaient se baigner dans le Loa, le plus grand fleuve du Chili, qui traverse la commune. Si incroyable que cela puisse paraître, l’endroit le plus sec au monde a longtemps été une oasis. Un coin de verdure avec des champs de luzerne et de maïs verdoyants où les touristes venaient se délecter de crevettes et de miel, spécialités locales. Deux sociétés minières et chimiques pompent et polluent la rivière depuis des années. Le chili a libéralisé le marché de l'eau en 1981, une des sociétés à racheté 75% des droits d'extraction. Ce n'est pas nouveau pour nous car nous avions déjà assisté au combat de la population de la Patagonie chilienne en 2013 contre le projet d'une société de créer un barrage qui devait noyer une grande partie de celle-ci.
Depuis les habitants qui ont décidé de rester sont ravitaillés trois fois par semaine en eau potable, la population vit au rythme des arrivées de camions citernes.

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« Quillagua, « eau de lune » en langue aymara, oasis millénaire, est un véritable musée fossilisé à ciel ouvert, situé sur un ancien chemin inca. On peut y découvrir hiéroglyphes, momies et cimetières millénaires, mais aussi de mystérieux cratères. Depuis 2013, l’association aymara de Quillagua et la fondation du désert de l’Atacama travaillent sur un plan de récupération du patrimoine de la ville. Un groupe de 40 archéologues et anthropologues a mis au jour la présence de nombreuses momies datant de l’époque précolombienne dans les cimetières alentour et de 500 hiéroglyphes, vieux de presque trois mille ans. En effet, les conditions de sécheresse extrême ont permis la conservation naturelle de ces reliques et, fait extrêmement rare, de tissus, en dépit de l’absence d’entretien spécifique. Quillagua est l’un des seuls endroits connus où les corps des défunts se momifient naturellement. Et ces témoignages du passé sont d’autant plus importants que l’oasis du village est chargée d’histoire. Sont passés par là, entre autres, des empereurs incas, les expéditions des conquistadors, les armées péruviennes et boliviennes durant la guerre du Pacifique. »

Nous finissons par trouver la gardienne de la clé du musée. Elle a 82 ans est pleine de vivacité et de bonne humeur, bien que des douleurs dans les genoux ne lui permette pas de marcher bien vite. Mais cela ne l’empêche pas de cuisiner, c'est la boulangère du village ! Il suffit de frapper à sa porte. Nous avons passer avec elle un super moment. Nous espérons que le musée soit enfin mis en valeur et que des touristes puissent admirer ces momies naturelles.

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Réserve Nationale Cerros Pintados - antofogasta - le 20/09/2017

Nous atteignons la zone du désert d'Atacama qui recèle du nitrate ou salpêtre. La partie au sud de San Pedro regorge de cuivre, lithium et autres minerais, expliquant l’installation de nombreuses mines, comme celle de Chuquicamata.
La bande de désert d'une longueur de 700 à 800 km et d'une largeur ne dépassant guère 60 km (toujours à une certaine distance de la mer) qui contient d'important dépôts de salpêtre est vide de vie sauf quelques Tamarugos (légumineux au feuillage menu) dénonce la présence d'un peu d'humidité. Ce désert a compté environ 170 usines pour exploiter ce nitrate.

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Nous arrivons à la réserve Cerros Pintados géré par la CONAF. Nous allons admirer les géoglyphes.

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Après cette visite, nous dormons à proximité des wagons de l'ancienne gare.

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Nous sommes en plein dans le désert de nitrate. Rien ne pousse. Cette région a un lourd passé tant historique, qu'humain. Historiquement, toute cette zone appartenait au Pérou et à la Bolivie. Le Chili en avait l'exploitation économique à des conditions très avantageuse. Or la découverte de guano et du salpêtre comme fertilisant lui donna encore plus de valeur.
La Bolivie voulut revenir sur les avantages qu'elle avait octroyé en augmentant les impôts.
Devant cette crise diplomatique, le Pérou intervint en envoyant un ambassadeur pour calmer les esprits. Mais le Chili avait déjà opté pour la guerre afin de s'approprier ces territoires. Déjà, en 1836-1839, une guerre avait éclatée afin d'empêcher la réunion du Pérou et de la Bolivie au sein d'une confédération.
La seconde débuta en 1879. Le Chili poussé par l'Angleterre (le salpêtre servant aussi à fabriquer des explosifs) se servit du prétexte suivant : le gouvernement bolivien avait liquidé les entreprises chiliennes qui refusait de payer l'impôt.
En réponse, le Chili envahit le port d'Antofogasta ce qui lui permit de contrôler l'exportation du guano et du salpêtre (vers l'Angleterre...).
La Bolivie déclara la guerre et y entraina le Pérou tenu par un traité réciproque de défense.
Ce fut d'abord une guerre navale. Elle donna immédiatement l'avantage au Chili qui bloqua les ports d'Antofogasta (Bolivien à l'époque), puis Iquique (Péruvien à l'époque). Puis grâce au réseau ferré, c'est l'avancé terrestre.
En 1881 les troupes chiliennes entrèrent dans Lima. La guerre prit fin le 20 octobre 1883 par le traité d'Ancon. La province de Taracapa passa définitivement au Chili. Les villes d'Arica et de Tacna passèrent provisoirement sous contrôle chilien jusqu'à la tenue d'un référendum qui ne vint jamais. C'est en 1929 grâce à Herbert C. Hoovert que Tacna fut rendu au Pérou.
La paix fut signé en 1904, elle est toujours source de tension diplomatique car, si la Bolivie bénéficie pour son commerce extérieur des conditions économiques avantageuses au Chili, ella n'a pas renoncé à retrouver un accès souverain au Pacifique.

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humberston & santa laura - tarapaca - le 21/09/2017

Depuis que l'ordinateur de Francis à rendu l'âme, nous avons décidé d'aller à Iquique. Nous devrions en trouver un pas trop cher dans la zone franche. Nous avançons vers un énorme front brumeux pas très engageant. L'arrivée très brumeuse sur cette ville nichée en bord de mer entre la falaise de sable et une énorme dune de sable n'est pas très engageante. Si on y ajoute les taudis au milieu des tas d'ordures, les camions à ne plus savoir qu'en faire... Nous ne sommes pas emballés. On file au Mall Zofi, nous garons à proximité d'un policier et allons trouver la perle rare. Un repas sur place et on se sauve !

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Nous allons ensuite visiter Humberstone. Après la guerre du Pacifique, les Chiliens ne furent pas les seuls bénéficiaires de cette issue favorable. Les prospecteurs étrangers affluèrent pour en tirer profit. Les villes minières prospérèrent au début du XXe siècle, qui vit se développer aussi de grandes villes portuaires comme Antofagasta et Iquique.

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Cet essor fut toutefois de courte durée. La production d’engrais chimiques dérivés du pétrole sonna le glas de l’industrie du nitrate et la crise qui s’ensuivit amena le pays au bord de la faillite, laissant d’innombrables villes fantômes le long de la Panaméricaine.

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Le village fantôme d'Humberstone exerce une réelle fascination.Tout est resté en place comme si les habitants s’étaient juste endormis dans un long sommeil. On se surprend à imaginer ce que devait être la vie de ces ouvriers isolés de tout par le désert, avec leur vie en vase clos autour du marché, de l’école et de la gare. L'histoire de la classe ouvrière du Chili a eu pour berceau cette terre minière, cette « pampa » du salpêtre. Ces hommes et ces femmes sont venus du sud du Chili, du Pérou, de Bolivie, de l’ex-Yougoslavie... et on créés un type d'hommes nouveau, le Pampino, une identité, une région, le Norte Grande.

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Fondée en 1872 sous le nom de La Palma, cette ville minière, connut son apogée dans les années 1940. La découverte des engrais de synthèse aboutit à la fermeture de « l’oficina » en 1960. 3 000 mineurs perdirent leur emploi.

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Usine de Santa Laura, dernier exemplaire au monde d’une usine de lixiviation selon le procédé système Shanks. Des panneaux expliquent le processus d’extraction du minerai, pressé, cristallisé et conditionné avant son exportation massive en train. Malgré les dommages du temps, on peut s’imaginer le bruit assourdissant de la broyeuse à salpêtre, l’activité bourdonnante des bureaux, et les va et vient du train de marchandises.

pisagua - tarapaca - le 22/09/2017

En court de route pour Pisagua, nous effectuons un détour pour voir El Gigante de Atacama. Le flanc Ouest du Cerro Unita, en plein désert d’Atacama, est couvert d’une figure anthropomorphe de 86 m de haut, la plus grande au monde. Ce motif représente un homme avec un masque de félin, un bâton de commandement et des ornements en plume, peut être un dieu, certainement un chef. Le géoglyphe est à la fois positif, par entassement de pierres, et négatif, par creusement de la terre. Le Géant d’Atacama aurait été réalisé par un peuple non identifié autour de l’an 1000 et présente l’avantage de pouvoir être vu facilement.

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Nous parcourons une quarantaine de km à partir de la R5 pour rejoindre le bord de mer et le village.

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Encore une fois, difficile de s'imaginer que ce fut un des ports important à l'époque du salpêtre. Théâtre, gare, hôpital, douane... Plus de 3000 personnes y vivaient, il doit en rester 200.

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C'est un site historique, car il fut le lieu de débarquement le plus important de la guerre du Pacifique.
Il fut aussi tristement célèbre car l’endroit fut ensuite un bagne, puis un camp de détention où Pinochet emprisonna les opposants à la dictature. On découvrit dans le cimetière une fosse commune où furent jetés les victimes des bourreaux de Pinochet.

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Juste après le commissariat, la gare désaffectée rappelle que Pisagua fut le terminus nord d’El Longino, une ligne qui reliait les mines de nitrate aux ports du Norte Grande. Le théâtre est en complet état de décrépitude. L’hôpital penche de manière dangereuse. Malgré tout, il se dégage une atmosphère désuète qui nous plait beaucoup. Une belle découverte malgré le temps brumeux.
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arica - tarapaca - du 23 au 26/09/2017

Nous allons directement à Arica, trouvons un camping à Villa Frontera. Un peu cher pour les prestations, mais super propre. De toute façon durant trois jours je me met sur le nouvel ordi de Francis. Pour le paramétrage je découvre avec terreur que tout est en espagnol ! Youpi ! Après avoir réinstaller les logiciels dont se sert Francis, je tente d'installer la vieille version d'office (ici, il te la laisse pendant un mois et après tu dois payer...). Le vieux code fonctionne, le logiciel aussi... Yes ! Pendant ce temps, Francis fait la popote, la lessive, lave et range Ch'uru... Je me mets aussi à jour sur le site et l'envoie des photos... Dire qu'il y a des gens qui nous imaginent en vacances !!!

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Ensuite, c'est la vidange et quelques courses. Et nous trouvons du camembert !!! Allez zou, ce sera apéro dinatoire. Carmener, salamé, fromage de chèvre et camembert ! Et tout ça sur la plage en compagnie d'oiseaux et d'un crabe... Sympa.


Nous passons demain la frontière. Pérou, nous voici.