Chavín de Huántar est un site qui permettait le contrôle des routes commerciales vers l'ouest jusqu’au Pacifique à travers deux cols dans la cordillère Blanche vers l'est jusqu’à l’Amazonie. Vers 900 av. J.-C., le culte du Jaguar de Chavín et son influence étaient acceptés dans la plus grande partie de ce qui est le Pérou d'aujourd'hui.
Chavín de Huántar fut initialement construit par la civilisation de Chavín, une culture pré-Moche aux environs de 900 av. J.-C.. Le site comporte deux structures principales, le vieux temple et le nouveau temple.

Le vieux temple avait une structure en U orientée vers l'intérieur avec une cour centrale. La cour comportait des obélisques et des monuments en pierre ornés de bas-relief représentant des jaguars, des caïmans, faucons et diverses formes anthropomorphiques. L'intérieur du temple contenait un dédale de corridors, de chambres et de conduites d’eau.

Le nouveau temple, construit entre 500 et 200 av. J.-C., contient aussi de nombreuses sculptures et est plus massif. Un escalier mène à un palier ayant une cour étroite. Des passages cachés et des plateformes permettaient aux prêtres d’apparaître miraculeusement au-dessus de leur assistance.

L’influence de Chavin est importante sur deux grandes cultures : Paracas à Ica et Pucará dans l’Altiplano. La culture de Chavín est une civilisation précolombienne. Elle a émergé vers 1000 av. J.-C. et a vu son apogée vers 800-200 av. J.-C. Elle a disparu vers 200 av. J.-C.. Elle était essentiellement localisée le long du littoral de l'océan Pacifique. La civilisation de Chavín a introduit le travail du bronze et de l'or en Amérique du Sud. La méthode de travail des métaux était très avancée pour l'époque.

Elle pratiquait également d'autres formes d’artisanat, comme la poterie et le tissage. Des stèles qui représentent des félins stylisés en creux, sont attribuées à cette culture. Ils apprirent aussi à apprivoiser le lama.

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Une société dirigée par une élite de prêtres dont le culte tourne autour de l'image du jaguar ou du puma. Le lama était aussi considéré comme un dieu. À des fins religieuses, les Chavíns utilisaient un cactus hallucinogène: le « San Pedro ». La drogue contenue dans le cactus ( mescaline) mettait les prêtres en état de transe, donc plus proche des dieux, et autre avantage, elle leur permettait d'améliorer leur vision (dilatation des pupilles) et de pénétrer au fond du temple, dans le noir absolu, là se trouve un monolithe « El Lanzón » représentant un dieu, qu'eux seuls pouvaient donc voir et consulter pour savoir quelles décisions prendre. Un
cours d'eau dévié dans un tunnel, ressortant devant le temple et percé de trous aurait, d'après les archéologues, eut un fonctionnement semblable à celui d'une flûte géante. En effet, l’inclinaison du sol au-dessus du tunnel fait que chaque trou percé a une taille différente. Lorsque l'eau passant dans le tunnel se fait rare, la résonance du tunnel augmente et les trous émettraient alors des sons aux tonalités variées, indiquant le manque d'eau à venir.
Les Chavíns représentaient leurs dieux sur des stèles. Ils sacrifiaient aussi des animaux pour satisfaire leurs dieux.

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La stèle Raimondi laisse découvrir un motif religieux ainsi qu'une alternance de naturalisme et de stylisation. Elle est composée de granit poli incisé et mesurant 2 mètres de haut. La stèle représente un dieu appelé « Dieu aux bâtons » ou encore « Dieu aux sceptres », associé à la fertilité et à la terre. Elle incarne la dualité en une seule figure : les deux faces présentent la même image, inversée.

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40 têtes-tenons ornaient les murs extérieurs du nouveau Temple (Castillo). Elles sont plus grandes que nature. Elles représentent la transformation des chamans, par l’effet des hallucinogènes, de l’humain à l’animal. Certaines sont dotées de museaux proéminents et de crocs, de serpent enroulés tenant lieu de cheveux et de moustaches.

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Le Lanzón « la lance » est la divinité principale de Chavin et se trouve dans l’Ancien Temple. Il est plongé dans l’obscurité toute l’année sauf une ou deux fois par an. Il est incisé sur un monolithe de 4,5 m de haut à l’aspect dentelé. Cela renvoie au bâton à fouir qui sert lors de la récolte et la semence. En effet, le Lanzon est lié au culte de la fertilité et était le garant des bonnes récoltes.
Le Lanzon est une figure anthropozoomorphe, à tête féline et corps humain. Il est tourné vers le soleil levant, lève le bras droit et baisse le bras gauche. Il est représenté avec des yeux globuleux, une imposante gueule pourvue de crocs, des cheveux transformés en serpents et des mains pourvues de griffes. Il arbore une expression féroce et possèdent des lèvres épaisses aux commissures retroussées.
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Le style Chavin est le premier style qui se répand à une aussi grande échelle dans les Andes. Pour autant, de nombreuses traditions artistiques existaient déjà lors des périodes lithique, précéramique et initiale. Le centre de Chavin de Huantar unifie ces modèles artistiques.

La quasi-totalité des bâtiments et des places de Chavin de Huantar étaient décorés d’une iconographie zoomorphique et anthropomorphique, gravée en bas-relief. Les thèmes iconographiques trouvent leur origine dans des influences amazoniennes : le caïman, l’aigle, le serpent et le félin sont constamment représentés. Même s’ils sont souvent matérialisés au second plan, leur importance dans l’art de Chavin est notable.

Le style Chavin est caractérisé, par la symétrie, la répétition, le « module de largeur » et la réduction des motifs en une combinaison de lignes droites, de courbes simples et de volutes. Le terme « module de largeur » renvoie à une série de bandes de même largeur, accolées et parallèles.
Cette schématisation de l’iconographie trouve son origine dans le textile. En effet, ce dernier, par sa technique, ne permet ni la représentation de la profondeur, ni celle du volume. L’une des principales fonctions de Chavin était la production textile spécialisée : ce qui souligne d’autant plus son importance et la volonté de reproduire ses décors dans les autres arts.

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Nous avons passé un excellent moment entre le site et le musée. Puis nous retournons vers notre "casita" en profitant de l’activité du village.

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Le 13/08/18 - La union - Huanuco - 3 340 m

Nous reprenons la route en sens inverse.
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Et faisons un arrêt à la superbe laguna Querococha.

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Nous profitons d’un temps superbe.

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À partir de Conococha où nous achetons fromage, gâteaux et pollen frais, nous longeons une grande lagune avec oies, ibis noirs, flamants…

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Puis nous attaquons une grimpette qui nous mène à 4 705 m. Belles montagnes dont certaines sont très noires. Nous verrons des mines de charbons sur la route, industrielles et artisanales.

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Nous recherchons pour notre bivouac, un endroit sympa en bord de l’eau qui nous permette de bénéficier du soleil le lendemain matin. Nous finissons par le trouver ! Yes !

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Le 14/08/18 - Site de Kotosh - Huanuco - 1 967 m

Nous sommes entourés de superbes paysages. Belle route qui tourne, virevolte, serpente sans se fatiguer. Beau revêtement durant 50 kms.
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La route se dégrade comme souvent, attention redoublée pour éviter nids de poule et de nandous, tôle ondulée, rétrécissements dù à des éboulements. Nous grimpons de nouveau jusqu’à 4 200 m, une routine ! Les habitants des villages traversés nous saluent. A la zone de travaux nous achetons un stock de papa rellana. La route devient meilleure, mieux vaut un bon ripio qu’une route asphaltée en mauvais état. Nous sommes contents d’arriver sur le parking du site.

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Les 15 & 16/08/18 - Bosquet de Piedras - Pasco - 4 138 m


Nous visitons le site à son ouverture le lendemain matin et sommes accueilli par le gardien qui nous entreprend sur notre voyage. Tout l’intéresse, de la partie financière au quotidien en passant par la famille. Puis nous sommes pris en main par un "curanto", un chaman qui explique comment les anciens se servaient d’ondes électromagnétiques pour rechercher et soigner des maladies. Nous ferons l’expérience de ces ondes car sur le site il existe un emplacement précis où l’on peut ressentir celle ci. Expériences concluantes, nous avons testé l’écho personnel qui disparait si l’on s’écarte un temps soit peu du point central. Aussi le ressenti, comme une vibration lors du passage d’une pierre sur les différentes parties du corps. Certaines médecines parallèles se servent de la résonance pour soigner, remettre d’aplomb nos chakras, points d’énergie du corps. C’est la même chose. Il nous apprendra qu’il n’est pas catholique et qu’il perpétue le savoir ancestral. Il a actuellement 25 élèves dont sa fille. Il connait aussi les bienfaits des plantes, autant celles de la montagne que celles de la forêt amazonienne peu éloignée. Il nous parlera notamment du Maca, bulbe des hauts plateaux aux vertus multiples. Il fait aussi des conférences en Europe.

Kotosh est constitué d’une série de bâtiments superposés avec 6 périodes d’occupation continues datant de la période archaïque tardive à la période intermédiaire intermédiaire . Le plus célèbre de son enceinte, maintenant exposé à la population, est le Temple des mains croisées, nommé pour avoir deux reliefs dans la boue comme deux bras croisés séparés, qui remonte à 1800 avant JC (phase Kotosh-Mito ).
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Ces doubles mains croisées symbolisent la dualité Homme-Femme et sa complémentarité. Dommage que notre religion l’ai fait disparaitre grâce au mythe d’Adam et Eve pour prôner la suprématie de l’homme sur la femme…
Ce site est très important pour les chamans des environs.

Nous devons traversé la ville de Huanuco, mais c’est sans compté sur la féria, impossible de passer, la police interpellée par Francis conseille la patience au lieu de nous aider à passer. Nous finissons par faire une marche arrière et nous laisser porter par le flot. Nous découvrons une rue parallèle qui nous sauve la mise.
Nous attaquons une route pleine de camion, nous grignoterons en court de route dans un petit restaurant des chicharonnes de chancho avec plein de pommes de terre. Cette route nous mène à 4 139 m près du bosquet de piedras. Nous sommes accueilli et installé par la préposé. Bivouac sur le parking herbeux du site. Il ne fait pas très beau.

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Pas beau ! Il a plu cette nuit en plus de faire froid. Nous partons découvrir le site. De belles formes de rocher nous interpellent et nous cherchons à mettre des noms sur certaines.

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Mais la marche à cette altitude aura raison de la respiration de Francis. Au bout de 2 heures, nous retournons à la maison.

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Après midi pluvieuse et froide, on se couvre. Faire un peu de cuisine réchauffe l’atmosphère.

Le 17/08/18 - Couvent de Santa Rosa de Ocopa - Junin - 3 451 m

Nous cheminons sous un ciel gris. La route est bonne. Nous sommes arrêtés pendant une demi heure par le passage d’une course cycliste. Pas beaucoup d’endroits pour grignoter et nous ne trouvons pas de restaurants pour manger la fameuse Pachamanca sur ce plateau à plus de 4 000 m.

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Nous arrivons devant le couvent. Reste à faire la visite pour découvrir sa belle bibliothèque et sa salle recouverte de peinture.

Fondé par l' Ordre Franciscain pour servir de siège à un collège missionnaire en 1725 par Fray Francisco Jiménez de San José. Le but était d'établir un collège de missionnaires qui servirait de point de départ à l'évangélisation catholique dans les endroits les plus reculés de la jungle. Après la mise en place de l’institution, on a préparé la cellule des missionnaires et des bureaux du couvent (1734), et lorsque le fondateur est mort en 1736, les travaux était déjà bien avancés. La plupart des missions qui se sont déroulées dans la jungle péruvienne sont parties d’Ocopa.


Nous passons par le couvent moderne, voyons le cloître d'Olivo, ainsi appelé parce que dans son patio il garde la pousse d'un olivier de plus de 270 ans, qui a été planté par le père fondateur. Dans les couloirs de ce cloître, on trouve une vaste collection de 29 images de valeur de l’école de Cuzco sur la vie de San Francisco de Asís .

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En 1970 , une salle a été créée pour servir de pinacothèque, notamment à l'instigation du père Lorenzo Pelossi, franciscain et peintre italien qui a vécu la plus grande partie de sa vie à Ocopa jusqu'en 2003, année de sa mort. Les photos sont interdites… On en a quand même quelques unes !

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Puis nous passons par cette belle salle toute peinte.

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Nous allons enfin voir cette bibliothèque qui contient plus de 25 000 volumes. L’un des livres les plus anciens date de 1490, en plus d'autres livres qui ne sont pas accessibles au public, de peur d'être endommagés. Les livres de cette bibliothèque sont divers (religion, géographie, sciences naturelles, chroniques de la période coloniale, philosophie, langues étrangères). Les livres les plus anciens sont écrits sur des peaux de chevreaux. Photos interdites…

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Nous découvrons ensuite le vieux couvent, c’est celui que l’on préfère !

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Ensuite l’église.

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Après cette journée bien remplie, nous posons nos roues à l’abri des eucalyptus.

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Les 18 & 19/08/18 - Vers Ayacucho (PE 3SM) - Huancavelica - 3 421 m

La traversée de Huancayo, est comme souvent, compliqué, stressante et demande beaucoup d’attention. Ensuite, belle route jusqu’à Mariscal.

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